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La dyslexie

Par le réseau DYS Pays de la Loire.

 

Cette fiche a été relue et validée par :
- Anne-Hélène TAHON, réseau DYS (Nantes)
- Dr Sylvie N'GUYEN, neuropédiatre (Nantes)

  • Qu'est-ce qui m'arrive, quelle est l'explication de mes symptômes ?

La dyslexie est un trouble de l’apprentissage du langage écrit qu’on ne peut évoquer qu’après 18 mois d’apprentissage de la lecture dans de bonnes conditions. Certains enfants ont un retard d’acquisition de la lecture sans pour autant être dyslexique.

La personne dyslexique est en difficulté face à la lecture et l’écriture alors qu’elle peut s’avérer très douée à l’oral ou en mathématiques. Et ce malgré ses efforts et beaucoup de volonté et en l’absence de trouble auditif, visuel ou psychiatrique,  Au-delà de cette définition commune, il existe de nombreuses formes de dyslexie et la variabilité des troubles est grande : de l’absence d’accès à l’écrit à une lecture correcte mais lente. Pour certains, les difficultés débutent avec le déchiffrage et se manifestent alors dès les premiers temps à l’école primaire, tandis que d’autres n’automatisent pas la lecture et ont du mal à lire de manière fluide, ce qui se remarque plus tard.
 

Les causes de la dyslexie sont très certainement multiples mais restent à ce jour mal connues. Certaines formes seraient familiales et on soupçonne l’implication d’un facteur génétique sans que cela ait encore été formellement démontré. Sur le plan neurologique, des différences ont été mises en évidence chez certains dyslexiques mais là encore, la diversité des observations ne permet pas de conclure avec certitude.
 

  • Il y en a beaucoup comme moi ?

Environ 5% de la population française, tous milieux confondus, serait dyslexique. Un chiffre qui atteint 20% parmi les personnes illettrées.

 

  • Quelles sont mes chances de guérison ?

La dyslexie n’est pas une maladie dont on guérit. En revanche, on peut la rééduquer partiellement et apprendre à la compenser, et ce d’autant mieux que l’on s’y attelle tôt. D’où l’intérêt d’un dépistage précoce par un médecin dès les premières années d’école primaire. La rééducation s’étend sur plusieurs années, les séances étant plus ou moins fréquentes et intenses en fonction de l’âge et de la capacité de chacun à les soutenir.

 
  • Quelles vont être les conséquences sur ma vie ?

Qu’on ne s’y trompe pas, la dyslexie ne condamne pas à l’échec. Il paraît qu’Albert Einstein et Léonard de Vinci étaient dyslexiques, ce qui ne les a pas empêchés de réaliser de grandes choses. Les situations sont là encore multiples et variées : pour certains la dyslexie sera un handicap bloquant leur vie durant alors que d’autres développeront des compétences artistiques, sportives, liées au langage oral etc. grâce auxquelles ils réussiront très bien.

Quoi qu’il en soit, les enfants dyslexiques se heurtent bien souvent à l’échec scolaire à un moment ou à un autre, surtout à partir du collège où l’enseignement repose essentiellement sur l’écrit. L’école est également le lieu privilégié de brimades et moqueries difficiles à supporter lorsqu’on se sait en difficulté. A la maison, les devoirs peuvent être source de crises entre enfants et parents. Quant aux séances de rééducation,  exigeantes en temps, elles pénalisent parfois une partie des activités de loisirs.
 

  • Dois-je consulter ? Qui ?

Si vous avez des doutes concernant votre enfant et, a fortiori s’ils sont partagés par son enseignant, mieux vaut consulter sans tarder. Un orthophoniste d’abord qui analyse les difficultés rencontrées par l’enfant, pose l’hypothèse d’une dyslexie et oriente vers un médecin, si possible spécialiste des troubles du langage. De fait, le diagnostic est du ressort du médecin qui doit d’abord éliminer l’éventualité d’autres pathologies sensorielles, psychoaffectives, comme les troubles envahissants de la personnalité, ou d’un trouble visuel qui pourraient se traduire par les mêmes symptômes. Enfin, une consultation chez un psychologue est indispensable pour éliminer une déficience intellectuelle. Ce diagnostic différentiel, ainsi nommé car il faut d’abord écarter plusieurs autres pistes, est le seul qui vaille pour la dyslexie. Il permet également de mettre en évidence d’éventuels troubles associés à la dyslexie qu’il faut également traiter.

 

  • En quoi consiste le traitement ?

Une fois posé le diagnostic de dyslexie, il y a tout intérêt à démarrer sans tarder une rééducation. Celle-ci est essentiellement orthophonique, élaborée au cas par cas : une à cinq séances par semaine dont le contenu varie d’un orthophoniste à l’autre.

Par ailleurs, selon les éventuels troubles associés mis en évidence au fil de la démarche diagnostique, l’intervention d’autres professionnels de santé peut s’avérer nécessaire : un psychomotricien pour traiter la dyspraxie (trouble de la coordination) et/ou la dysgraphie (trouble qui affecte l’écriture), un psychologue en cas de troubles réactionnels comme l’opposition aux apprentissages ou la dépression, un orthoptiste si la coordination des yeux est en jeu, etc.

L’aménagement et les adaptations pédagogiques constituent un autre volet de la prise en charge et contribuent également à améliorer le rapport du dyslexique au langage écrit : laisser du temps pour la lecture, proposer la lecture ou l’écriture par une tierce personne (un auxiliaire de vie scolaire par exemple), favoriser les exercices sous forme de textes à trous, utiliser la dictée vocale…

La rééducation donne également des résultats satisfaisants à l’âge adulte pour ceux qui, dès lors qu’ils ne se trouvent plus en situation quotidienne d’apprentissage, acceptent mieux la démarche orthophonique.

 

  • Quel bénéfice attendre de la rééducation ?

Dans la grande majorité des cas et à l’exception des formes très sévères de dyslexie, la rééducation porte ses fruits et permet d’acquérir la lecture et l’écriture. Toutefois, la lecture reste généralement lente et la dysorthographie (le fait de faire des fautes d’orthographe) perdure longtemps.

Des régressions sont possibles dans les situations où le dyslexique contrôle moins bien ses fonctions supérieures, en particulier en période de stress ou de fatigue, mais celles-ci sont temporaires.
 
 
  • Quelles sont les choses que je peux faire moi-même pour aider mon enfant dyslexique ?

Il y a plusieurs manières d’épauler son enfant dyslexique :

- L’accepter tel qu’il est et le valoriser sur ce qu’il sait faire, l’encourager et le soutenir dans sa rééducation.
- Informer l’entourage de ses difficultés
- L’amener à parler de sa dyslexie à son entourage : ses camarades, ses professeurs, etc.

Il faut être vigilant lors des premiers apprentissages de l’écrit car, plus la dyslexie est dépistée tôt, plus vite la rééducation est mise en place, moins les troubles associés s’installent et plus les améliorations sont manifestes.
 

 

Pour en savoir plus :

- Réseau DYS Pays de la Loire
- Maison départementale des personnes handicapées – MDPH
- APEDA - Association française des parents d’enfants en difficulté d’apprentissage du langage écrit et oral : http://www.apeda-france.com/
- APEDYS - Association de parents d’enfants dyslexiques : http://www.apedys.org